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Message : Re: Question sur les citations

(Jean Fontaine) - Jeudi 04 Décembre 1997
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Subject:    Re: Question sur les citations
Date:    Thu, 4 Dec 1997 01:10:15 -0500
From:    "Jean Fontaine" <jfontain@xxxxxxxxxxx>

Thierry Bouche a écrit:

>>> dans le même ordre d'idée, une chose qui est devenue systématique
>>> dans beaucoup de pubs, c'est de mettre le slogan entre guillemets, ce
>>> qui a pour moi le désastreux effet de signifier : « je vous le dis
>>> mais je n'en crois pas un mot -- ou du moins ça ne m'engage à
>>> rien ». Est-ce volontaire ?

Philippe Jallon de rétorquer :

>Selon ce même principe (déontologiquement condamnable), la presse populaire
>affectionne les résumés/titres des interviews sur ce mode bidon. Quand
>Alain Delon affiche ses états d'âme, c'est « Ma vérité ». Quand Vanessa
>Paradis - au cas où elle existerait-encore :-) - divulgue son bonheur de
>glander, c'est « Ma nouvelle vie ». Bien entendu, les sommités dont les
>propos sont recueillis par les plumitifs n'ont jamais prononcé ce qui
>figure à la Une entre guillements.
>
>Pour les non-spécialistes, notez que le texte d'une interview ne correspond
>pas forcément à LA LETTRE de ce que la personnalité a dit, mais à L'ESPRIT
>de ses propos. (Eh oui, une interview n'a rien à voir avec une simple
>transcription !) En revanche, il est d'usage de ne pas fabriquer une
>citation lorsque le texte de cette « citation » ne figure pas dans le texte
>de l'interview tel qu'il est publié. Mais c'est oublier que, de nos jours,
>tout le monde se contrefiche de la déontologie...
>


Il serait instructif aussi d'étudier l'emploi du point d'interrogation dans
les titres des journaux, quand ces titres rapportent des propos, par exemple
dans la page du courrier des lecteurs.

Supposons qu'un lecteur déclare dans sa lettre au journal : «Machin est un
politicien corrompu.» Si le titreur du journal est anti-Machin, il va titrer
cettre lettre ainsi : MACHIN : UN CORROMPU.  Mais s'il est pro-Machin, il va
titrer ainsi : MACHIN : UN CORROMPU?

Une façon de mettre en doute, de ne pas prendre au sérieux ce qui ne va pas
dans le sens de ce que l'on veut entendre, tout en se donnant l'air
impartial pusiqu'on condescend à les publier, ces risibles propos. La
présence du point d'interrogation relativise l'affirmation. Inversement, son
absence peut rendre catégorique ce qui n'est qu'hypothétique.

Le procédé est suspect quand il devient systématique dans un journal qui se
targue de neutralité et d'objectivité...

Jean Fontaine  (UN CORROMPU?)
jfontain@xxxxxxxxxxx